Let's talk about acquisition d'art with Alexis Tuersley (Lou Lou Love Club)

Let's talk about acquisition d'art with Alexis Tuersley (Lou Lou Love Club)

J’ai le plaisir de vous partager le regard d’Alexis Tuersley, Directrice créative & fondatrice de Lou Lou Love Club. L’importance du Beau et de l’émotion dans l’acquisition résonne beaucoup en moi, j’espère qu’il en sera de même pour vous.

 

 

Alice : "Tu m’as confié avoir un père peintre et avoir reçu des œuvres. Peux-tu nous parler de la première que tu as reçue et de ce qu’elle représente pour toi aujourd’hui ?"

 

Alexis : "Je ne sais pas si je l’ai réellement ‘reçue’ ou si je ne l’ai pas plutôt ‘dérobée’ (!) Mon père a 92 ans. Il peint depuis l’âge de 18/20 ans, depuis ses études au Royal College of Art.
J’ai récupéré plusieurs grandes toiles, notamment celles qu’il a peintes durant les années
50/60, afin de les préserver. Il n’est pas du genre nostalgique, il les démonte et repeint par dessus très facilement. Certaines d’entre elles ont accompagné les murs de mon enfance, nous avons souvent déménagé, c'était important pour moi de pouvoir y revenir."

 

 


Alice : "Quel est ton regard sur l’acquisition d’art aujourd’hui ?"

 

Alexis : "J’ai le sentiment que l'acquisition d’art s’est beaucoup ouverte. L’art circule davantage, il est moins intimidant, moins élitiste, avec une relation plus directe aux artistes. On peut entrer dans une véritable relation avec une œuvre. Le fait aussi que l’acquisition puisse se penser dans le temps change beaucoup de choses. Un contexte dans lequel le collectible art, comme le collectible design, prend tout son sens."

 

 

Alice : "On parle souvent d'investissement dans l'art. Pour toi, c'est plutôt un investissement émotionnel, culturel, esthétique?"


Alexis : "Ce serait un investissement purement esthétique-slash-émotionnel. L’esthétique, le beau - une notion purement subjective - m’émeuvent. C’est ce qui reste, bien au-delà de toute notion de valeur."

 

 

Alice : "Qu’est-ce qui explique que tu n’aies jamais acheté d’œuvre jusqu’ici ?"


Alexis : "J’ai une âme de collectionneuse, c’est de famille. Mais jusque-là, mon regard s’est plutôt tourné vers le textile - je suis styliste de formation - ou le design. L’art est enraciné dans mon histoire de famille, il s'offre, se donne, se prête. Ça peut paraître absurde, mais c'est encore étrange pour moi d’en faire l’acquisition.
J’attends la véritable rencontre maintenant. Celle qui prend aux tripes et dont on n’a pas
envie de se passer. Et l’envie grandissante de soutenir, notamment des artistes femmes."

 


Alice : "Y a-t-il une œuvre ou un artiste que tu rêves de collectionner ?"

Alexis : "Des rêves j’en ai plein :)
Une œuvre de Georgia O’Keefe, Lynette Yiadom Boakye, Hilma af Klint, Alice Neel ..."

 


Alice : "Quelle place tiennent la beauté et l’esthétique dans ton travail ?"

Alexis : "La beauté et l’esthétique sont centrales dans mon travail, comme dans mon quotidien. Une manière d’habiter le monde, de faire entrer la lumière, tout en tenant à distance nos parts d’ombre. Elles sont un langage, une manière d’entrer en relation. J’y vois une façon de rendre les choses habitables, sensibles, ouvertes. Où l’on se sent bien — où l’on se sent vivant."

 

Bonus:
Un(e) artiste à découvrir - Sara Winfield. Une grande douceur, traversée par une tension
intérieure presque contenue, émane de son travail — typiquement le genre de palette
émotionnelle que je verrais bien chez moi.